Le meileur chat du monde *suite et fin*

L’amoureux rentra et la trouva toujours assise sur le sol de la cuisine, petit chat blotti dans ses bras. Attendri, il s’approcha d’elle et tendit les mains pour prendre le chat qui, effrayé, se libéra de l’étreinte de sa maîtresse pour bondir se réfugier sous un meuble de la cuisine.

Les premiers jours, petit chat les passait prostré sous le meuble de la cuisine. Impossible de l’en déloger. Si elle cherchait à le faire sortir de sa cachette il s’aventurait de plus en plus loin sous les meubles, jusqu’à finir derrière le réfrigérateur.

L’amoureux en avait déjà marre de bouger toute la cuisine matin et soir…

Un jour, petit chat pointa le bout du nez dans le salon. Elle regardait la télévision, installée confortablement dans son canapé, la tête reposant sur l’accoudoir. Elle n’entendit pas le chat mais elle sentit sa présence. L’air de la pièce avait changé. Elle se tourna doucement et l’aperçu sur le seuil, aux aguets, ses grands yeux écarquillés scrutant les moindres recoins de la pièce. Elle l’observait comme ça un moment et il s’aperçut de sa présence.

Petit chat fit alors quelque-chose d’inattendu, il se dirigea vers elle et sauta sur le canapé. Les yeux verts, comme les siens, il respirait calmement. Il se nicha dans le creux de son bras et, continuant à la fixer intensément, il se mit à ronronner très fort. Il l’avait adoptée. Elle était désormais son humaine, sa maîtresse. Elle le comprit et cela lui fit chaud au cœur. Elle savait bien qu’on ne possédait pas un chat, mais qu’un chat nous tolérait sur son territoire. Elle était heureuse. La douce chaleur du chat sur son bras se prolongeait droit dans son cœur.

Les jours passaient et leur complicité grandit. Maintenant, ils jouaient tous les deux. C’est petit chat qui en avait pris l’initiative. Caché sous une chaise, il attendit qu’elle passe à proximité et, des deux pattes avant, il lui toucha le mollet avant de courir dans toute la pièce pour qu’elle le rattrape. Elle trouvait ça extraordinaire. Elle n’aurait jamais imaginé que les chats savaient inventer des jeux !

Alors ils passaient des soirées entières, l’amoureux au travail, à jouer et se câliner. Un jour, la tête sur son bras, il l’avait regardée et avait posé sa patte sur sa joue. Elle n’avait jamais connu plus douce caresse. Ce jour-là, elle se rendit compte que son cœur s’était remis à battre un peu plus fort que la normale.

L’amoureux rentrait toujours excédé. Les journées au boulot lui provoquaient une mauvaise humeur indescriptible. Il rentrait, l’embrassait rapidement et lui demandait ce qu’ils mangeaient. Ensuite, il rejoignait son ordinateur, et passait son temps jusqu’à ce que le repas soit servi.

Il mangeait en ronchonnant, débarrassait son assiette et retournait à ses occupations informatiques. Il avait bien essayé de caresser petit chat, plusieurs fois il voulut le câliner, mais le chat s’obstinait à ne pas le laisser faire. L’amoureux s’emportait, ne comprenant pas quel intérêt elle trouvait à avoir un tel animal. Encore si tu avais pris un chien, j’aurais pu comprendre ! lui disait-il trop souvent. Elle s’asseyait dans le canapé, et petit chat venait ronronner sur ses genoux, le regard amoureux tourné vers son visage de plus en plus triste.

Les journées s’enchaînèrent ainsi, devenant des semaines et des mois. Le contraste entre le comportement de l’amoureux et du chat se faisant de plus en plus grand, elle réalisait que l’amour avait déserté son couple. L’amoureux ne tolérait pas la présence du chat dans le lit, et elle se rendait bien compte que leurs nuits étaient froides et distantes, comparées aux siestes câlines et affectueuses qu’elle faisait avec petit chat, la patte systématiquement posée sur sa joue, leurs regards verts s’entremêlant amoureusement.

Elle ne se souvenait plus comment s’était arrivé, mais un jour, l’amoureux lui avoua ne plus supporter la présence du chat. Il lui dit « c’est le chat ou moi, je te demande de faire ton choix ».  Bizarrement, elle ne reçut pas cette phrase comme une douche froide. Elle savait que son choix ne serait pas facile, mais qu’il était déjà fait. Elle savait qui du chat ou de l’amoureux lui apportait le plus de bonheur ces derniers temps. Elle savait grâce à qui son cœur battait à nouveau. Qui lui avait redonné le sourire avec des jeux spontanés, qui lui donnait de la gratitude quand elle le nourrissait. Et qui passait ses journées à la câliner et lui prodiguer de l’affection.

Elle fut désolée pour lui, mais elle annonça à l’amoureux qu’elle préférait garder petit chat. Vexé et emporté dans une colère noire (comment pouvait-on choisir un chat à un amoureux !!!) il réunit ses affaires dans un sac et lui jeta les clés de l’appartement à la figure.

Brusquement, il sortit de sa vie, pour ne plus jamais y reparaître. Eh oui, après cette dispute, elle n’eut plus jamais aucune nouvelle de lui.

La vie sans l’amoureux ne s’avéra pas facile au début. Le manque de sa présence se fit sentir, plus qu’elle ne l’aurait pensé. Plus que de sa présence, c’est de l’espoir du retour de son amour qu’elle dut faire le deuil. C’est ce qui lui demandait le plus d’efforts et de courage. Pourtant, elle ne regretta jamais son choix. Petit chat lui avait réappris à aimer, et pour cela il resterait à jamais pour elle, le meilleur chat du monde.

FIN



3 commentaires

  1. canthilde 8 novembre

    Dire que je comprends tout à fait ce choix ! Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?! ;-) J’ai testé l’amoureux, maintenant le fantasme suivant c’est le chat. j’ai eu des chats lorsque j’étais petite, j’adorais ce moment où le chat, d’abord méfiant, traumatisé par son déménagement forcé, pointait le nez dans la pièce à la recherche de notre compagnie. Enfin, pour être honnête, c’est d’abord la gamelle qui l’attirait !

    Je savais que tu me comprendrais Canthilde ;-) Gros bisous

  2. Valencia 24 novembre

    Dire que je comprends tout à fait ce choix ! Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?! J’ai testé l’amoureux, maintenant le fantasme suivant c’est le chat. j’ai eu des chats lorsque j’étais petite, j’adorais ce moment où le chat, d’abord méfiant, traumatisé par son déménagement forcé, pointait le nez dans la pièce à la recherche de notre compagnie. Enfin, pour être honnête, c’est d’abord la gamelle qui l’attirait !
    +1

  3. belexi 21 octobre

    ^^

Laisser un commentaire

expressions |
TWILIGHT |
Palabras del alma |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les livres de Jean-Philippe...
| Diapoésies musicales
| passion littéraire