La Princesse au Coeur d’Or

Il était une fois, dans un royaume lointain, une princesse au cœur d’or.

Née avec un cœur d’or, elle avait les muses pour marraines. Elles l’avaient parée de tous les dons les plus purs et d’une beauté sans égal. La princesse avait la voix cristalline et mélodieuse, elle chantait le chant le plus harmonieux et le plus agréable qu’il fut donné à entendre. Les arts n’avaient aucun secret pour elle, d’une terre humide, elle révélait la plus gracieuse des statues, qu’on lui donne un pinceau et une toile, et elle retranscrivait l’image du Paradis, les anges semblaient s’animer, et les fleurs éclore, avec de la farine et du lait, elle créait le plus délicieux des gâteaux. Son cœur exceptionnel, lui faisait aimer et comprendre tous les êtres de cette terre, ainsi elle parlait toutes les langues, comprenait tous les langages. Quiconque la voyait, l’aimait instantanément tant ses qualités plaisaient à chacun et son attitude était douce.

Malheureusement, elle était née sous le joug d’une terrible malédiction, et quiconque l’aimait périssait sous le poids de ce sentiment. En effet, la Princesse aimait si bien, elle était parée de tant de qualités, que les gens se mettaient rapidement à douter de mériter l’attention et l’amour d’une si belle personne, et qu’ils leur semblait impossible de pouvoir la rendre heureuse à la mesure du bonheur qu’elle leur prodiguait. Ces doutes se transformaient peu à peu en poison, jusqu’à ce qu’un jour la culpabilité remplace le sang dans leurs veines, et, convaincus de ne pas mériter cet amour, ni de pouvoir combler la princesse véritablement, côtoyer la princesse finissait par occasionner la souffrance la plus ardente, et les gens se détournaient d’elles pour ne pas succomber de douleur.

Le roi et la reine entreprirent un exil pour protéger leurs sujets, et leur fille, qui dépérissait de voir tout le monde souffrir à cause d’elle. Peu à peu, l’argent vint à manquer, et même ses parents furent touchés par la malédiction. Le jour de son 16e anniversaire, ils décidèrent de rompre tout contact avec la princesse et la chassèrent dans la forêt la plus reculée du royaume, lui interdisant de ne jamais les approcher à nouveau mais lui expliquant bien que cette décision était motivée par l’amour qu’ils lui portaient et leur instinct de survie. Ils lui enjoignirent de ne jamais rester au même endroit plus d’un an, pour la sécurité des sujets.

La princesse entreprit un long exil à son tour, marchant aussi loin que ses jambes pouvaient la porter. Au 2e Royaume qu’elle rencontra, épuisée, elle se laissât tomber sur le sol, qui serait, à présent, son nouveau foyer. Ramassant quelques baies, elle se concocta un festin digne d’un cuisinier royal.

Seule et triste, la princesse invoquait ses marraines à l’aide, mais celles-ci ne pouvaient lui donner que l’inspiration artistique en guise de consolation. Alors elle se mit à chanter, peindre, sculpter et danser sans relâche pour faire renaître un peu de joie en elle. Elle se fabriquait un abri de fortune qu’elle décorait si bien qu’au bout d’un an il surpassait la beauté des plus riches châteaux. Elle tissait des liens avec les habitants alentour, irrésistiblement attirés par elle, et elle prenait garde à ne pas nouer de liens trop proches pour les préserver du mal qu’elle répandait malgré elle. Suivant les recommandations de ses parents, la princesse abandonnait cette splendeur au bout d’un an, et reprenait la route en quête d’un nouvel endroit où vivre.

Quelques temps plus tard, et lasse de beaucoup d’exils, elle trouva un endroit qu’elle hésitait à quitter. Son cœur d’or dépérissant lentement sans amour, elle fit l’unique chose susceptible de le forcer à battre et se mit à chanter.

Un jeune troubadour ayant entendu sa mélopée vint s’enquérir de qui possédait cette voix extraordinaire. Unissant leurs chants, la princesse se mit à découvrir le sentiment amoureux et les tourtereaux passèrent finalement tout leur temps ensemble. La princesse irradiait de joie, d’amour et de bonheur. Son cœur d’or comblé, elle expérimentait le bien-être que procure un amour sincère et réciproque. Les jours succédèrent aux nuits jusqu’à ce qu’un matin, la princesse se rendit compte que son amoureux était touché par la malédiction et songeait à la quitter. Elle ressentit une douleur immense à la simple idée qu’elle infligeait une telle torture à la personne qu’elle aimait le plus et son cœur d’or se mit à saigner. Elle annonça au troubadour qu’elle partirait à midi, et, la mort dans l’âme, le jeune homme et la princesse furent d’accord pour appliquer cette décision.

Cet épisode marqua la princesse si fort, qu’elle réalisa que le mieux pour tous était qu’elle reste à l’écart.  Dès lors, elle évita tout contact superflu avec les villageois. Les années passèrent ainsi, entre exil et isolement, et la princesse ressentait désormais un vide et un désespoir immense dans son cœur d’or, devenu froid et gris. Elle se demandait si une telle vie valait la peine d’être vécue, le plaisir d’exercer ses arts ne suffisant plus à réparer les blessures de solitude qu’elle avait reçues chaque jour. Mille fois elle pensa mettre fin à ses souffrances de manière radicale.

Un jour, un vieux forgeron frappa à sa porte, il était perdu et affamé et avait été attiré par l’odeur de ragout qui émanait de l’abri de la princesse. Ses yeux plongeant dans les siens, la princesse fut immédiatement charmée par l’âme du forgeron et l’invitât à partager son repas.

Sans s’en rendre compte, l’amour s’installait profondément entre eux. La vie de la princesse, qui lui semblait encore si terne quelques heures auparavant, lui apparaissait maintenant avec les couleurs les plus éclatantes, son cœur ayant retrouvé tout son éclat doré, battant à tout rompre. Tous les deux se sentaient bien, sans réfléchir, ils s’abandonnèrent à leur bonheur, faisaient croitre et fortifier cet amour si intense, harmonieux et beau.

Malheureusement, le jour vint où les effets sournois de la malédiction se firent sentir. Ne pouvant plus supporter ses doutes, le forgeron se montra de plus en plus cruel avec la princesse. Il mit soin à détruire toute parcelle d’amour dans son cœur et celui de la princesse, afin que celle-ci s’en aille et supprime la crainte immense d’un faux pas qui ferait qu’elle l’abandonne. Si elle devait l’abandonner tôt ou tard, il valait mieux que ce soit le plus tôt, afin qu’il ne soit pas encore trop habitué à cet amour, pensait le forgeron. Et, plutôt qu’elle ne l’abandonne parce qu’il l’aurait déçu à son insu, le forgeron s’appliqua à la décevoir tant et plus qu’à la fin elle le quitterait et le soulagerait de ses doutes. Ce qu’il fit, et elle partit.

Mais le forgeron ne parvenait pas à oublier la princesse, et son absence le tourmentait encore plus que sa présence. Il ne pensait qu’à elle, de jour comme de nuit, même après que 2 hivers aient passés. La princesse ayant tant souffert de cette rupture, ne souhaitait qu’oublier le forgeron et remplissait sa vie de toutes les tâches humainement réalisables pour ne pas avoir un seul instant de repos où penser. Le travail l’épuisait lentement mais réussissait à la distraire de ses sentiments. Son cœur d’or pardonnant lentement au forgeron, mais la solitude la déchirant de plus belle. Si, par malheur, elle s’arrêtait, le désespoir la terrassait littéralement, lui faisant subir la plus terrible des souffrances.

Le forgeron se mit en quête de retrouver la princesse, un jour il y parvint. Le doute, la peur et le remord en lui, il n’osait l’approcher et l’observait à distance, établissant un campement près d’elle mais si dérobé qu’elle ne pourrait l’apercevoir.

Toutefois, il semblait à la princesse qu’elle avait vu le forgeron. Elle chassait cette idée de son esprit,  jusqu’à ce que la curiosité l’emporte et qu’elle entreprenne d’aller voir de plus près… Elle trouvât une cache dans une grotte, dissimulée par les fourrés, et, repoussant branchage après branchage, se faufila à l’intérieur pour tomber nez à nez avec lui.

D’abord surpris, la princesse et le forgeron ne purent que sourire. Se souvenant de leur première rencontre, le forgeron lui offrit de manger avec lui et la princesse accepta. Ils se mirent à discuter, les minutes se transformant en heures, le jour en nuit et en jour à nouveau.

Ils se quittèrent et la princesse rentra chez elle. Toute la journée, elle repensait à sa rencontre avec le forgeron. Elle se rendit compte que chaque pensée engendrait un sourire, et chaque sourire lui redonnait un peu du bonheur qu’elle croyait perdu à jamais. Elle réalisa soudain que la présence du forgeron lui manquait, qu’elle était nécessaire à sa propre vie, et décida séance tenante d’aller le trouver afin de lui faire part de cette découverte.

Ce à quoi le forgeron répondit :

«          Princesse, je ne veux plus aimer, c’est bien trop douloureux. Et puis, tu es une si belle personne, si jeune, si pleine de vie ! Comment pourrais-tu être comblée par un vieux forgeron comme moi qui ai si peu à offrir et t’ai déjà fait tant souffrir ? Je ne pourrais plus me pardonner de te faire souffrir à nouveau et préfère éviter de prendre ce risque à l’avenir. Tout ce que je désire, c’est te protéger de moi-même, car je te décevrai, tu le sais…

-          Forgeron, je voulais ne plus aimer non plus. Mais ta simple présence a réveillé l’amour qu’il y a entre nous, je le ressens intensément. Je ne peux plus faire marche arrière et ignorer ce sentiment désormais. Je suis sure que tu ne peux pas me décevoir, ta seule présence suffit à illuminer ma vie. Sans toi, mon cœur d’or ne réussit plus à battre, ma vie est trop triste. Crois-moi quand je te dis que tes qualités font sincèrement mon bonheur. Crois qu’il est possible qu’une princesse avec tant de dons ne soit heureuse qu’avec toi forgeron, dont les dons sont aussi précieux que les miens. Et que mon bonheur ne dépend que de toi.

-          C’est que j’ai tellement peur de souffrir et de te faire souffrir… Et ta souffrance, Princesse, s’ajoutera à la mienne, je ne pourrais jamais le supporter.

-          Forgeron, je peux te promettre la constance de mon amour. Je te choisis, et te jure que ce choix ne sera jamais remis en cause, car je t’aime sincèrement et ne veux que ton bonheur qui fait le mien. »

Alors, le forgeron s’approcha et embrassa la princesse, scellant ce pacte à tout jamais et rendant à la princesse sa liberté d’aimer.

La malédiction fut brisée, par sa confiance en lui et sa foi en l’amour de la princesse, le forgeron les libéra à jamais de ce lourd fardeau, et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps.

 

FIN

 



Une goutte d’eau dans l’océan

J’ai survécu à une enfance malheureuse, où je me suis sentie isolée, incomprise, où je ne comprenais pas, où on ne m’expliquait pas ce qui se passait, où je comprenais trop bien les gens qui m’entouraient, ressentant intensément leurs peurs, leurs colères, leur volonté de dominer. Mes parents, perdus dans leur désespoir, me laissant seule, sans mots, perdue au milieu de la vie et des gens, insatiables dans leurs demandes de mon amour et de mon affection, incapables de faire la même chose en retour pour moi. Quelques moments de vraie joie avec ma tante, figure aimante, mère de substitution, heureuse que j’existe, prenant soin de moi avec amour. J’ai survécu à la perte de ma tante.

Je me souviens de cette petite fille qui pleurait, seule, dans un coin de la cour de son école maternelle. Celle qui était la nouvelle, année après année. Celle qui était douée, docile et dont on ne faisait pas de cas car à la fin de l’année elle quittait à nouveau l’école. Les liens durement noués, violemment arrachés. Une nouvelle année et tout était à recommencer. Seul point de repère, les matières scolaires, savoir lire, écrire, compter. Se situer grâce au niveau inscrit sur la couverture. Pouvoir mesurer les progrès, savoir ce qu’il fallait améliorer pour passer à l’étape suivante. Savoir où j’en étais dans la vie. Avoir l’espoir que ce savoir m’assurait un avenir meilleur.

Les nouvelles personnes entraient dans ma vie, sans explication, on se côtoyait, on s’apprivoisait parfois, sans explication elles repartaient d’où elles étaient venues. Quelques sourires, quelques amitiés et bons moments, et à la fin de l’année on déménage et on les quitte à nouveau.

J’ai survécu à la violence domestique, au couple se déchirant, s’insultant, se frappant, me réfugiant dans ma chambre avec mon frère à protéger, consoler. Déjà, je ne pensais pas à moi.

Il y a eu cette soirée au Portugal, j’avais six-sept ans, pas plus. Beaucoup de tensions cet été-là. Mon petit frère pas encore propre, les fessées à cul nu, les larges mains imprimant le rouge dans la chair. Une soirée trop arrosée au restaurant, le long de la mer, retour vers le camping en longeant la jetée. Un mot de trop, une œillade en coin, les coups qui s’abattent sur ma mère, elle enlève son escarpin et frappe mon beau-père dans le dos, les cris, mon désespoir, et cette mer apaisante qui m’appelle, me promettant un monde silencieux et réconfortant, me promettant de m’entourer éternellement, et me bercer comme son propre enfant. La douleur, l’incompréhension, le désespoir qui s’empare de moi, je hurle pour les arrêter, je hurle pour qu’ils se souviennent que j’existe, je hurle pour témoigner de mon état, à bout, trop de violence et d’indifférence que je ne peux plus supporter, je les préviens que je vais sauter. Et cette idée m’emplit de calme. Je suis à un pas de la délivrance.

La dispute cesse, nous rentrons. Au camping, le visage tuméfié de ma mère fait réagir deux jeunes vacancières anglaises. Elles appellent la police, mon beau-père se fait embarquer, ma mère rentre dans la caravane se reposer. Contre un arbre, chacune d’elles vient s’adosser, un enfant dans les bras, et le souvenir de cet instant de chaleur humaine fait encore couler mes larmes aujourd’hui. Et le souvenir de la possibilité de la délivrance de la souffrance accompagnant chacune de mes prochaines journées.

J’ai survécu à ces années dans ce climat. J’ai survécu à un nouveau déménagement chez une tante acariâtre, me laissant les enfants pour que je m’en occupe. Cinq ans et un an, à gérer seule du haut de mes neuf ans. Ou les fois où elle préférait me laisser seule à la maison, comptant les heures de leur retour.

J’ai survécu au déménagement dans la cité hlm délabrée. J’ai survécu à la misère sociale, à l’environnement des voisins alcoolisés, sans emploi, les enfants s’élevant seuls comme des lapins. J’ai survécu à la violence, verbale, physique, de mes petits camarades ne comprenant pas une personne comme moi, si différente. J’ai survécu au rejet pour intelligence. J’ai survécu à ma mère, désespérée qui partait, me laissant les enfants en me disant qu’elle n’en pouvait plus, qu’elle ne revenait pas. Encore une fois, j’ai trouvé le salut dans mes livres de classe, l’instructrice m’ayant prise sous son aile me laissait le privilège de ne pas sortir en récréation dans le froid et m’offrait des chocolats en secret.

J’ai survécu au déménagement dans la maison de banlieue. Aux années passées à sortir de l’enfance et à entrer dans l’âge adulte. J’ai eu une adolescence heureuse, une bonne amitié, une famille qui m’a recueillie aussi souvent qu’elle le pouvait. J’ai survécu à l’indifférence et la maladresse de mon père, et à sa violence aussi. J’ai survécu au moment où ma mère a perdu pieds, où ma sœur a fait part qu’elle avait été menacée dans son intimité. J’ai survécu au rejet de ma propre famille, quand j’essayais d’aider et de faire ce que j’avais toujours dû faire : élever les enfants. J’ai survécu quand on m’a signifié qu’ils étaient trois contre un, une famille contre la ritale qui n’avait qu’à aller vivre chez eux si elle n’était pas contente.

J’ai survécu au refus de mon père d’aller vivre chez lui. J’ai survécu à mon premier amour non abouti, j’ai survécu à mes autres amours, aux déceptions, à la réalité prise en pleine face. J’ai survécu à l’acharnement familial, à la mise en évidence de mes différences, forcément des défauts, des raisons pour qu’on ne m’aime pas. J’ai survécu au triangle qui se déchirait, et qui se renvoyait la balle à qui mieux ne prendrait pas soin de moi au profit des autres.

Un soir, la souffrance et le désespoir l’ont emporté sur les forces jusque-là employées pour survivre. Je me suis donnée la mort. Mais quelqu’un a décidé que je devais rester, et j’ai survécu à ma décision. Il fallait que je nie ma réalité.

Alors je suis partie. J’ai été recueillie par un homme qui m’a choisie, m’a donné de l’amour et la force d’essayer de construire ma vie. J’ai continué à investir ma vie scolaire, j’ai survécu aux diplômes. Puis il m’a quitté, j’ai cru ne pas survivre mais j’ai survécu, mon âme partiellement anesthésiée par le chagrin. J’ai survécu aux années à tirer le diable par la queue, et j’ai survécu à une voie professionnelle qui ne me convenait pas.

J’ai réussi à concrétiser un rêve, à partir loin, sous le soleil et sur la mer infinie, bleue, rassurante et j’ai rencontré l’amour. J’ai survécu à la menace des coups qu’il m’a promis. Je suis partie encore et lasse de survivre j’ai vivoté sans risque amoureusement, dans une relation sans passion. J’ai survécu à trois ans de couple en indifférence, à trois ans sans avenir, aux trahisons professionnelles, aux déceptions, à la mort que je m’étais imposée à l’âme.

L’obscurité est tombée profondément et la lumière a rejailli, me permettant de prendre des décisions, d’avoir le désir de vivre pour une fois. Je suis partie au plus près du soleil, j’ai vivoté professionnellement, j’ai encore subi la cruauté, l’injustice, la précarité, et j’ai rencontré l’amour, le seul et le vrai.

J’ai vécu, quelques mois, la vie s’est installée dans ma vie, avec l’amour, l’avenir devenait possible, j’ai recommencé à espérer, réfléchir à ce que je voulais être. Entourée d’amour et encouragée à croitre personnellement et professionnellement. J’ai perdu mon amour.

J’ai survécu, me suis noyée dans le travail. Mon corps a dit stop, est tombé gravement malade, l’étincelle de vie a commencé à me quitter, et j’ai survécu. J’ai survécu à la perte de mon emploi, j’ai survécu à la misère la plus profonde, j’ai survécu à ma tentative de construction de ma vraie vie. J’ai employé toute mon énergie à me dégager une vie de toute cette survie, à m’autoriser à faire quelque-chose que j’aime, à enfin écouter ce que j’aime. J’ai commencé à faire tout ça. J’ai commencé à trouver quelque-chose qui me permette de dire je vis enfin, et ça me plait. Je suis toutefois à bout de force et d’espoir.

J’ai retrouvé mon amour, il ne sait pas s’il veut encore de moi. Si je le perds, je sens qu’à cette épreuve je n’aurai pas la force de survivre.

 

-FIN-



J’aime beaucoup

J’aime beaucoup cette chanson, le texte, la mélodie et le clip ! Pas mal ^^ 

Vanessa Paradis « Pourtant »

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JOYEUX HALLOWEEN !!!!!

L’un des films que j’adore : Elvira c’est un peu ma mère spirituelle emoticone

 

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« Elvira Maîtresse des Ténèbres »



Un peu plus de moi…

Pourquoi ce blog ?

Pour décompresser un peu et vous faire partager ce que j’aime !

Je suis assez réservée sur mes goûts dans la vie en général car la majorité des gens n’hésite pas à donner des interprétations hâtives.

Je vous fait partager mes côtés secrets.

Enjoy it !

Centres d’intérêt

Musique et chant, cinéma, arts, manga, littérature, théâtre, art lyrique, voyages, la nature, la plage, la photo, le farniente, et les bonnes choses de la vie !

Ah oui j’allais oublier la danse (salsa, danses de salon, chacha, etc)

Style musical préféré

Le rock, la pop (voire la pop japonaise).

Pour les détails, voir ma rubrique musique Clin doeil

Films préférés

Les films à l’eau de rose (les films de filles quoi !), les comédies musicales, les comédies, les « bons films » (c’est très subjectif et ça n’engage que moi ^_^)

30 ans sinon rien (la scène de la danse me fait mourir de rire)
La cité de la peur
4 garçons plein d’avenir
Roméo+Juliette
La ligne verte
Big
Grease
Entretien avec un vampire
Autant en emporte le vent
Dirty Dancing
Shall we dance (qui est un film japonais à la base, eh oui !)

 Émissions de télé préférées

N’oubliez pas votre brosse à dents (oui ça ne passe plus mais j’étais méga fan)
D&Co
Chic
Question maison
Un dîner presque parfait
Les documentaires sur le cinéma, des making-off aux coulisses des films (anciens ou récents)
Plus belle la vie (avec second degré !)
Le journal du cinéma
Fan de (vive les people)

Livres préférés

La nuit des temps de Barjavel

Le diable au corps de Raymond Radiguet

La trilogie des Fourmis par Werber
La saga Harry Potter de J.K. Rowling
Les livres d’Anne Rice

Citation préférée

La peur n’empêche pas la réussite ! (elle est de moi lol)



Le meileur chat du monde *suite et fin*

L’amoureux rentra et la trouva toujours assise sur le sol de la cuisine, petit chat blotti dans ses bras. Attendri, il s’approcha d’elle et tendit les mains pour prendre le chat qui, effrayé, se libéra de l’étreinte de sa maîtresse pour bondir se réfugier sous un meuble de la cuisine.

Les premiers jours, petit chat les passait prostré sous le meuble de la cuisine. Impossible de l’en déloger. Si elle cherchait à le faire sortir de sa cachette il s’aventurait de plus en plus loin sous les meubles, jusqu’à finir derrière le réfrigérateur.

L’amoureux en avait déjà marre de bouger toute la cuisine matin et soir…

Un jour, petit chat pointa le bout du nez dans le salon. Elle regardait la télévision, installée confortablement dans son canapé, la tête reposant sur l’accoudoir. Elle n’entendit pas le chat mais elle sentit sa présence. L’air de la pièce avait changé. Elle se tourna doucement et l’aperçu sur le seuil, aux aguets, ses grands yeux écarquillés scrutant les moindres recoins de la pièce. Elle l’observait comme ça un moment et il s’aperçut de sa présence.

Petit chat fit alors quelque-chose d’inattendu, il se dirigea vers elle et sauta sur le canapé. Les yeux verts, comme les siens, il respirait calmement. Il se nicha dans le creux de son bras et, continuant à la fixer intensément, il se mit à ronronner très fort. Il l’avait adoptée. Elle était désormais son humaine, sa maîtresse. Elle le comprit et cela lui fit chaud au cœur. Elle savait bien qu’on ne possédait pas un chat, mais qu’un chat nous tolérait sur son territoire. Elle était heureuse. La douce chaleur du chat sur son bras se prolongeait droit dans son cœur.

Les jours passaient et leur complicité grandit. Maintenant, ils jouaient tous les deux. C’est petit chat qui en avait pris l’initiative. Caché sous une chaise, il attendit qu’elle passe à proximité et, des deux pattes avant, il lui toucha le mollet avant de courir dans toute la pièce pour qu’elle le rattrape. Elle trouvait ça extraordinaire. Elle n’aurait jamais imaginé que les chats savaient inventer des jeux !

Alors ils passaient des soirées entières, l’amoureux au travail, à jouer et se câliner. Un jour, la tête sur son bras, il l’avait regardée et avait posé sa patte sur sa joue. Elle n’avait jamais connu plus douce caresse. Ce jour-là, elle se rendit compte que son cœur s’était remis à battre un peu plus fort que la normale.

L’amoureux rentrait toujours excédé. Les journées au boulot lui provoquaient une mauvaise humeur indescriptible. Il rentrait, l’embrassait rapidement et lui demandait ce qu’ils mangeaient. Ensuite, il rejoignait son ordinateur, et passait son temps jusqu’à ce que le repas soit servi.

Il mangeait en ronchonnant, débarrassait son assiette et retournait à ses occupations informatiques. Il avait bien essayé de caresser petit chat, plusieurs fois il voulut le câliner, mais le chat s’obstinait à ne pas le laisser faire. L’amoureux s’emportait, ne comprenant pas quel intérêt elle trouvait à avoir un tel animal. Encore si tu avais pris un chien, j’aurais pu comprendre ! lui disait-il trop souvent. Elle s’asseyait dans le canapé, et petit chat venait ronronner sur ses genoux, le regard amoureux tourné vers son visage de plus en plus triste.

Les journées s’enchaînèrent ainsi, devenant des semaines et des mois. Le contraste entre le comportement de l’amoureux et du chat se faisant de plus en plus grand, elle réalisait que l’amour avait déserté son couple. L’amoureux ne tolérait pas la présence du chat dans le lit, et elle se rendait bien compte que leurs nuits étaient froides et distantes, comparées aux siestes câlines et affectueuses qu’elle faisait avec petit chat, la patte systématiquement posée sur sa joue, leurs regards verts s’entremêlant amoureusement.

Elle ne se souvenait plus comment s’était arrivé, mais un jour, l’amoureux lui avoua ne plus supporter la présence du chat. Il lui dit « c’est le chat ou moi, je te demande de faire ton choix ».  Bizarrement, elle ne reçut pas cette phrase comme une douche froide. Elle savait que son choix ne serait pas facile, mais qu’il était déjà fait. Elle savait qui du chat ou de l’amoureux lui apportait le plus de bonheur ces derniers temps. Elle savait grâce à qui son cœur battait à nouveau. Qui lui avait redonné le sourire avec des jeux spontanés, qui lui donnait de la gratitude quand elle le nourrissait. Et qui passait ses journées à la câliner et lui prodiguer de l’affection.

Elle fut désolée pour lui, mais elle annonça à l’amoureux qu’elle préférait garder petit chat. Vexé et emporté dans une colère noire (comment pouvait-on choisir un chat à un amoureux !!!) il réunit ses affaires dans un sac et lui jeta les clés de l’appartement à la figure.

Brusquement, il sortit de sa vie, pour ne plus jamais y reparaître. Eh oui, après cette dispute, elle n’eut plus jamais aucune nouvelle de lui.

La vie sans l’amoureux ne s’avéra pas facile au début. Le manque de sa présence se fit sentir, plus qu’elle ne l’aurait pensé. Plus que de sa présence, c’est de l’espoir du retour de son amour qu’elle dut faire le deuil. C’est ce qui lui demandait le plus d’efforts et de courage. Pourtant, elle ne regretta jamais son choix. Petit chat lui avait réappris à aimer, et pour cela il resterait à jamais pour elle, le meilleur chat du monde.

FIN



Ben ouais, en boucle lol

Incubus « Warning »

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Chanson de la danseuse de Colette

CHANSON DE LA DANSEUSE

Ô toi qui me nommes danseuse, sache, aujourd’hui, que je n’ai pas appris à danser. Tu m’as rencontrée petite et joueuse, dansant sur la route et chassant devant moi mon ombre bleue. Je virais comme une abeille, et le pollen d’une poussière blonde poudrait mes pieds et mes cheveux couleur de chemin…

Tu m’as vue revenir de la fontaine, berçant l’amphore au creux de ma hanche tandis que l’eau, au rythme de mon pas, sautait sur ma tunique en larmes rondes, en serpents d’argent, en courtes fusées frisées qui montaient, glacées, jusqu’à ma joue… Je marchais lente, sérieuse, mais tu nommais mon pas une danse. Tu ne regardais pas mon visage, mais tu suivais le mouvement de mes genoux, le balancement de ma taille, tu lisais sur le sable la forme de mes talons nus, l’empreinte de mes doigts écartés, que tu comparais à celle de cinq perles inégales…

Tu m’as dit : « Cueille ces fleurs, poursuis ce papillon… » car tu nommais ma course une danse, et chaque révérence de mon corps penché sur les œillets de pourpre, et le geste, à chaque fleur recommencé, de rejeter sur mon épaule une écharpe glissante…

Dans ta maison, seule entre toi et la flamme haute d’une lampe, tu m’as dit : « Danse ! » et je n’ai pas dansé.

Mais nue dans tes bras, liée à ton lit par le ruban de feu du plaisir, tu m’as pourtant nommée danseuse, à voir bondir sous ma peau, de ma gorge renversée à mes pieds recourbés, la volupté inévitable…

Lasse, j’ai renoué mes cheveux, et tu les regardais, dociles, s’enrouler à mon front comme un serpent que charme la flûte…

J’ai quitté ta maison durant que tu murmurais : « La plus belle de tes danses, ce n’est pas quand tu accours, haletante, pleine d’un désir irrité et tourmentant déjà, sur le chemin, l’agrafe de ta robe… C’est quand tu t’éloignes de moi, calmée et les genoux fléchissants, et qu’en t’éloignant tu me regardes, le menton sur l’épaule… Ton corps se souvient de moi, oscille et hésite, tes hanches me regrettent et tes reins me remercient… Tu me regardes, la tête tournée, tandis que tes pieds divinateurs tâtent et choisissent leur route…

« Tu t’en vas, toujours plus petite et fardée par le soleil couchant, jusqu’à n’être plus, en haut de la pente, toute mince dans ta robe orangée, qu’une flamme droite, qui danse imperceptiblement… »

Si tu ne me quittes pas, je m’en irai, dansant, vers ma tombe blanche.

D’une danse involontaire et chaque jour ralentie, je saluerai la lumière qui me fit belle et qui me vit aimée.

Une dernière danse tragique me mettra aux prises avec la mort, mais je ne lutterai que pour succomber avec grâce.

Que les dieux m’accordent une chute harmonieuse, les bras joints au-dessus de mon front, une jambe pliée et l’autre étendue, comme prête à franchir, d’un bond léger, le seuil noir du royaume des ombres…

Tu me nommes danseuse, et pourtant je ne sais pas danser…

COLETTE

Je trouve ce texte magnifique. Et vous ?



Le meilleur chat du monde

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Elle avait bien fait de sauter le pas : son chat c’était le meilleur chat du monde !

Elle avait longtemps hésité avant de prendre un chat. Avec ses longs ongles laqués de noir et sa mystique familiale, on l’avait très tôt appelée sorcière.

Elle ne voulait pas tomber dans ce cliché.

Pourtant elle adorait les chats, et ils le lui rendaient bien. Elle se souvenait de son amitié avec Mouche, une minette toute noire rencontrée une nuit de décembre. Elle passait toujours par cette rue pour rentrer de chez sa meilleure amie à chez elle, et un jour elle était tombée en admiration devant cette majestueuse ébène.

Elle n’avait rien brusqué. Les chats lui ressemblaient beaucoup finalement. Il fallait la séduire et lui laisser le temps de se laisser approcher. Alors elle se contentait de passer devant ce chat et de le saluer. Petit à petit, la confiance s’est installée et le chat venait spontanément à sa rencontre dès qu’elle arrivait à sa hauteur. Il lui suffisait de remuer les doigts et le chat sautait de la barrière où il aimait observer, pour lui offrir sa tête à caresser.

Enfin tout ça c’était lorsqu’elle était adolescente. Adulte, elle se refusait toujours à avoir un chat car elle était célibataire. Décidément, elle détestait les clichés, et ne voulait pas finir vieille fille avec son chat.

Par bonheur, elle rencontra l’amour, vécut en couple et l’opportunité du chat se présenta inopinément. Elle apprit par une amie de sa mère qu’il restait un petit chat mal en point de la  énième portée de la chatte de ses voisins. Individus douteux, ils attendaient que ce dernier succombe de malnutrition. C’en était trop, sans même consulter son amoureux, elle décida de recueillir le chaton.

L’amoureux le prit très mal arguant avec une mauvaise foi pathétique qu’un chat c’est « trop de boulot » ou qu’il « s’ennuierait durant la journée ». Le pauvre ! Comme il connaissait mal les chats !

Une semaine plus tard, le chat arriva dans son nouveau domicile. L’amie de sa mère le lui apporta, empaqueté dans une housse pour palmes et tuba ! Quand elle vit l’animal apeuré, recroquevillé là-dedans, elle sentit son cœur se tordre de douleur. Les larmes lui vinrent aux yeux. Elle monta le chat dans son appartement sans perdre une minute.

Elle avait préparé la cuisine pour son arrivée. Elle avait lu qu’il fallait acclimater le chat une pièce à la fois, pour qu’il ne se sente pas perdu, et qu’il puisse découvrir son nouveau territoire sereinement. Serein, ce chat ne le serait pas souvent…

Elle lui avait acheté une gamelle pour l’eau, une autre pour les croquettes, un bac à litière et une espèce de petite maison dôme en matelassé, ainsi que quelques jouets pour qu’il se sente bien.

Sans tarder, elle s’assit par terre, tenant le chat toujours emprisonné dans sa housse. Ecrasé et terrorisé. Leurs regards se sont croisés. Petit chat avait les pupilles tellement dilatées qu’elles semblaient deux billes de jais. On lisait la peur dans ce regard. Elle ressentit encore une fois une douleur intense au niveau du cœur, la tristesse et la compassion la submergèrent. Comment pouvait-on faire ça ?

Délicatement, elle posa la housse par terre. Elle se mit à parler au chaton pour le rassurer, sans effet. Elle ouvrit la fermeture éclair le plus doucement possible et appela le chat pour l’inviter à s’extirper de son entrave. Paralysé par la peur le chat ne bougeait pas. Elle l’entendait respirer tellement fort qu’il sifflait presque. Elle mit la main dans la housse et l’approcha du chaton, elle se rendit compte qu’il tremblait à grosses secousses.

Ne pouvant plus le laisser ainsi, elle le saisit et le sortit de la housse. Elle le ramena vers sa poitrine, et le posa sur son cœur. Elle l’aimait déjà. Elle le câlina, le caressa, un long moment. Petit chat continuait de trembler.

 La suite bientôt…



J’adorerai la reprendre celle-ci…

Our lady peace « 4 am » 

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